
Chap 4 :
Le repos du guerrier.
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A mon réveil, je fais un tour d’horizon pour observer et en conclue que la partie herbe est rare ici et que le sol le plus dominant est un sol aride. Suis-je dans un désert ? De jeunes pousses, très appétissantes, parfois surgissent de ce sol sec, terreux.
Malgré le soleil qui insiste sur mon bouclier, je décide d’avancer en direction d’un grand arbre. Une fois arrivée contre ses racines, j’hume la bonne odeur qu’il semble émettre…mmh…
Au sol, des fruits semblent-ils sont tombés…j’ai bien envie de les goûter…je reconnais ce goût…celui de la figue… Cet arbre serait donc un figuier ? Je lève la tête pour observer son sommet, mais il m’est bien plus facile de regarder les racines et le début du tronc…j’abandonne donc mon envie de voir plus haut.
A côté de l’arbre, la terre est plus tassée comme le serait celle d’un chemin. Je m’y aventure. Je sens l’odeur de thym envoûtant, apaisant…et je marche en restant sur mes gardes, sur ce sol plus dégagé que celui que j’avais traversé jusqu’à maintenant…
Je croise des lézards et serpents se faisant dorer sur des pierres en bordure. Quand soudain, un lézard se sauve à toute vitesse…en même temps je sens le sol qui tremble…Un bruit que j’ai du mal à identifier accompagne ce tremblement…
Je tends la tête devant, puis sur le côté et vois un nuage de poussière derrière moi…et un énorme sabot qui vient sur moi….
Bien que l’âme d’un guerrier, je prends aussitôt la solution du retrait sous mon bouclier…hop !
Puis je ressors, car j’entends s’éloigner le bruit des sabots, pour voir ce que c’était… je reconnais l’animal qui s’éloigne au loin… un âne ! Accompagné d’un homme…
« Hep ! Je suis là ! Aidez-moi…je suis devenue une tortue ! » Essayais-je de crier à l’homme. Mais il ne pouvait ni m’entendre ni même me voir…je faisais partie du paysage! Seule. J’étais seule. Moi qui n’étais jamais tranquille autrefois, je me retrouvais dans la peau d’un animal solitaire…
Depuis ma transformation, je n’avais pas vu une seule tortue. De toute façon, qu’aurions nous fait ensemble ? Se tenir chaud l’une contre l’autre, discuter du goût d’une feuille, partager un pissenlit, … ?
Je rejoins l’autre côté du chemin sans traîner. Et ce soleil qui me poursuit…comme si ma carapace était munie de panneaux à énergie solaire, j’ai chaud…trop chaud…
Et du coup voilà que j’ai soif. Très soif.
Où trouver de l’eau ? Avec un sol si sec, je ne suis pas prête de trouver une flaque…
A ce moment, je vois passer une autre tortue…oui une tortue ! Pas bien loin de moi, elle passe d’un pas décidé et ne me regarde même pas. Comment demander en langage-tortue : « Où puis-je trouver de l’eau ? »
De toute façon, elle s’éloigne déjà donc pas le temps de chercher le dialogue ou de réfléchir…
Je décide aussitôt de la suivre, à distance. Peut-être va-t-elle à un point d’eau si vite ? Peut-être se rend-elle dans une « communauté de tortues » ? Ou bien connaît-elle le meilleur moyen d’échapper au soleil ?
Je la suis au même rythme pour ne pas la perdre… on passe sur des pierres, dans des broussailles, sous des buissons…sans ralentir le rythme ! Elle me fatigue déjà…j’ai l’impression de me fatiguer vite, de respirer plus difficilement…
Heureusement, j’avais raison. Nous arrivons sur un terrain un peu marécageux…signe d’eau ! Pas très agréable ce sol mou et mouillé… Elle s’arrête au bord d’un lac (je suppose !) et trempe son nez pour boire. J’attends qu’elle reparte. Puis je fais pareil.
Comme cela fait du bien…
Une fois fini, je repars aussitôt car je n’aime pas beaucoup ce sol humide. Je marche, à l’opposé du soleil, jusqu’à que le sol soit de nouveau un sol dur et sec.
J’aperçois à un moment, une entrée creusée dans le sol. Un terrier ? Je tente une entrée… Pas de souris ni de gros rat qui me barre le passage…je continue à rentrer un peu plus. La fraîcheur est très agréable. Là le soleil ne peut plus me poursuivre.
Je m’installe contre une paroi. Mais j’entends un bruit, et regarde autour de moi.
Une famille lapin semble vivre ici. M’ont-ils vu ?
Un lapin passe tout proche de moi. Il n’a pas l’air de vouloir me chasser…
Ouf ! Maintenant c’est le repos du guerrier…je me laisse aller dans le sommeil. Je ne sais combien de jours et de nuits j’ai dormi, mais sûrement plusieurs, car à mon réveil je suis toute engourdie.
Je me dirige vers la sortie et découvre que la nuit est là. Je mange un peu de luzerne et de jeunes pousses toutes proches, puis retourne dormir à la même place.
Et incroyable ! je me rendors aussitôt !
Cela se reproduit ainsi plusieurs fois… puis les jours, les semaines passent et le soleil se fait moins agressif…alors je sors de nouveau en pleine journée et mange de bon appétit.
Le jour de la grande sortie est alors arrivée…
Au revoir joli terrier qui m’a permis de me cacher de l’agression solaire.
J’ai retrouvé toute mon énergie du départ.