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.........La gazette des tortues du mois de Février
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Réincarnation innatendue

Chap 3  : Les frayeurs du guerrier.

(chap 1 disponible sur la gazette de Novembre et chap 2 sur la gazette de Janvier)

Je suis réveillée par un museau qui me renifle… je ne comprends pas tout de suite, mais je finis par vite rentrer tous mes membres à l’intérieur de mon bouclier. Mon cœur bat. Je suis traquée par l’ennemi. Un renard d’après ce que j’ai eu le temps de voir et l’odeur forte qui rôde autour de moi.

Je suis un peu secouée mais tout se calme assez vite. Plus rien. Plus d’odeur forte. Plus de reniflement. Plus de secousse. Plus de bruit. J’attends encore quelques minutes (à vue d’horloge de tortue) puis sors doucement la tête…

Le danger a disparu.

Tout est calme, comme avant ma sieste. Je sors mes pattes et regarde autour de moi. Déjà, le soleil semble décliner. Comme les journées sont courtes ! Ou alors je dors beaucoup trop… De nouveau il me faut trouver un coin pour la nuit.

Et me revoilà, nez en l’air, avec encore l’envie de manger, à avancer. Je m’éloigne du tronc, et mange tout ce qui me donne envie sur le passage…fleurs, feuilles, herbes… Un tas de feuilles et branches me semble sécurisant pour passer la nuit. Je m’y enfouis, tête en premier et gratte avec mes pattes avant…je finis par me retrouver complètement caché, juste un petit dernier coup de pattes arrières et hop !

Je baisse ma garde et rentre complètement dans mon bouclier. La nuit de toute façon est déjà là. J’ai l’impression de ne pas faire grand-chose de mes journées, ou je dois le faire tellement lentement que le soleil, dans sa course, me rattrape toujours trop tôt… Les feuilles et les branches me tiennent chaud. Dans ce nid douillet, je m’endors très vite.

Au matin, une lumière vive me réveille, j’ai dû sortir ma tête lors d’un court réveil cette nuit, car dans ma carapace la lumière ne m’éblouie pas. En marche arrière je sors de ma couche…La rosée posée sur les branchages et feuilles qui me cachaient, laisse tomber quelques gouttes sur ma tête et ma carapace au passage.

Comme c’est froid !! Une rentrée puis une sortie de la tête dans ma carapace m’en débarrasse un peu…

Je tourne sur ma droite en faisant les mouvements de pattes qu’il faut. Je commence à maîtriser mes déplacements… C’est plutôt simple. L’herbe est humide sous mes pattes, j’avance en direction d’une surface au loin sèche, terreuse. Bien sûr, je mange en route quelques chardons et herbes de luzerne, ainsi qu’un succulent pissenlit qui me semble énorme.

Je n’aime pas vraiment cette humidité sous mon ventre, et donc ne traîne pas trop sur ma route. Arrivée à destination, j’escalade quelques pierres, maintenant que je maîtrise l’escalade, avec plus de facilité que la veille.

Pour une plus grosse, je me fais une frayeur… car alors que je l’escaladais en coordonnant parfaitement mes pattes et le poids de ma carapace, je bascule en arrière et tombe…

Le conquérant de la veille se retrouve bloqué les quatre pattes en l’air qui gesticule comme pour maudire ce bouclier beaucoup trop encombrant.

Puis je me calme. J’observe autour de moi. Sur ma droite, la pierre coupable est là, pas très loin. Je réfléchis un instant et décide de me pencher le plus possible vers cette pierre pour m’agripper et faire poids de ce côté. Avec de la chance, tout basculerait alors de ce côté et je me retournerai sur mes pattes…

J’exécute mon plan… jusqu’à toucher la pierre du bout de mes griffes.

Je tiens bon et arrive à faire pencher mon armure…un dernier coup de patte et la carapace suit mon corps, qui soudainement se retourne. Ouf ! tout est bien mieux dans ce sens…je commençais à avoir le sang qui monte à la tête ! J’abandonne donc mon escalade pour me remettre de mes émotions contre une souche, bien chaude. La fraîcheur matinale a déjà disparue. Le chaud soleil me tape dessus…mon coin tranquille ne l’est pas tant.

Je bouge alors malgré mon envie de sieste et me mets à l’abri sous un buisson épineux. Les épines ne me gênent pas, avec mon bouclier. Là, je trouve un peu de fraîcheur.

Et je retourne au pays des songes. Tranquille. Bien

Meg Prévost

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