Famille : Trionychidae
Genre : Cyclanorbis
Le genre Cyclanorbis comprend deux espèces : C. senegalensis et C. elegans. La Trionyx à clapets de Nubie n'a été que très peu observée en milieu naturel jusqu'à présent, et la documentation disponible n'est que peu développée sur le sujet. Tomas Diagne va nous la présenter dans cette édition.
Durant les mois d’Octobre et Novembre 2008 et sur une période de six semaines l’auteur a prospecté dans quelques zones humides de trois pays d’Afrique de l’Ouest (Ghana, Togo et Bénin) afin de préciser le statut des tortues terrestres et d’eau douce de ces pays. Il livre ainsi une petite synthèse du statut de l’espèce Cyclanorbis elegans ou Trionyx à clapets de Nubie.

Cette espèce est très particulière car c’est la plus grosse de toutes les tortues à carapace molle. Sa taille maximale a été relatée par P.Pritchard en 2001: le plus grand spécimen connu a cette date est celui de l’élevage de William Mc Cord (New York, USA) un mâle avec une longueur totale de la dossière de 67,6 cm et un plastron de longueur 47,8 cm (voir la photo ci-dessous). Les mâles semblent être plus gros que les femelles à l’âge adulte. La coloration chez les adultes est gris clair à vert olive. La carapace ainsi que la tête sont massives et ovales.
Elle ne peut être confondue dans son jeune âge qu'avec C. senegalensis qui est nettement plus petite de taille à l’âge adulte. Pour bien différencier les deux seules espèces connues du genre Cyclanorbis il faut observer le plastron.
C. elegans ne possède que deux callosités abdominales au niveau du plastron alors que sa cousine Cyclanorbis senegalensis en a cinq ou plus.
Plastron d'une Cyclanorbis senegalensis (Gauche), Plastron d'une Cyclanorbis elegans (Droite)
L’état actuel de nos connaissances sur la répartition naturelle bien entendu mérite d’être affiné, néanmoins Barry Huges (un herpétologue Anglais qui a beaucoup travaillé sur le Ghana et les pays voisins) la situe dans la zone de savane entre le 4ème degré et 21ème degré de latitude Nord. Sur toute son aire de distribution il semble qu’elle vit en sympatrie avec l’autre taxon du genre C.senegalensis dont la distribution est nettement plus étendue. Sa r épartition est très irrégulière et elle a été confirmée au Ghana, Togo, Tchad, Nigeria, Benin et au Soudan pour l’instant nous ne savons pas si les populations des différents pays se touchent parfois.
"On rencontre l'espèce dans les rivières à cours lent et les marécages" (Cf: B.Devaux).
Malheureusement durant mes prospections de terrain je n’ai pas pu observer un spécimen vivant de l’espèce C.elegans. Toutes les tortues apportées par les pêcheurs étaient des Cyclanorbis senegalensis, ce qui laisse penser que l’espèce est réellement menacée dans ces pays et nécessite de toute urgence une évaluation complète qui couvrirait les cours d’eau du nord du Togo et du Bénin sur toute une année. La seule donnée plus ou moins fiable que j’ai obtenue a été trouvée au marché des Fétiches de Lomé au Togo : un plastron appartenant à un spécimen de C.elegans avec les deux callosités caractéristiques de l'espèce.
Je suis sûr que les résultats d’une telle étude pourrait surprendre plus d’un sur le statut de cette espèce qui risque de disparaître de son habitat naturel avant que l’on ait probablement pris le soin de mieux la connaître et encore mieux la protéger .Triste sort ?
Il semblerait que cette tortue soit encore consommée par les populations locales comme sa cousine Cyclanorbis senegalensis. Seulement contrairement à sa cousine, il devient difficile aujourd'hui de pouvoir en observer en milieu naturel.
Tomas Diagne le 28 02 09
Copyrigth Gazette des tortues |
L'utilisation du contenu de la gazette des tortues est interdite. Toute personne en faisant usage sans un accord écrit du webmaster pourra etre poursuivie en justice pour atteinte à la propriété intellectuelle.